• En réponse au front .

    Et puis si vous êtes en manque ......

    Ils sont en ligne

    "Migrants & Réfugiés - réponse aux indécis, aux inquiets et aux réticents" de Claire RODIER

     http://resf.info/article54561.html

    "Le combat d'un sans-papiers" de Souleymane BAGAYOGO

    http://resf.info/article54562.html


  • Convoqué  pour un traquenard


  •    Orléans, le 26 avril 2016

     Mesdames et Messieurs les Conseillers du Loiret,

    Monsieur le Président,

    Un gosse dont vous aviez la charge est mort hier en prison.

    De ce qu’il a enduré pendant son exode depuis le Mali, on ne sait pas grand-chose.

    Il aurait du pouvoir s’en ouvrir à des éducateurs, à un psychologue, des médecins…

    Mais il a du se contenter d’une chambre d’hôtel, du désœuvrement et de la compagnie d’autres jeunes aussi paumés que lui.

    On sait qu’il a vu son frère mourir en mer, alors que lui en a réchappé.

    On sait qu’il n’en dormait plus la nuit.

    On sait qu’il avait une envie farouche d’aller à l’école et qu’il y était parvenu, en janvier.

    Mais ça n’a pas suffi.

    Non, toute l’aide que nous pouvons apporter à ces jeunes, toutes les batailles que nous menons avec eux pour faire reconnaître leurs droits ne suffisent pas à guérir leurs blessures et ne remplaceront jamais une réelle assistance éducative.

    Quand la violence de l’institution, qui refuse ces jeunes et les laisse à l’abandon, s’ajoute à celle de l’exil, alors nous voyons poindre la folie.

    Ce jeune venait d’avoir 17 ans. Il n’a pas su contenir cette folie et encore moins sa violence. Il y a à peine deux mois, il a blessé et détruit à son tour, en violant une jeune femme. Il a été incarcéré pour cela.

    Et hier, il s’est suicidé.

    Il a rejoint son frère mort en mer.

    Il a rejoint tous ceux que les frontières tuent.

    Il a payé de sa vie le prix que vous refusez de mettre pour accueillir tous ces gosses dignement.

    Il y a quelques mois, vous nous accusiez d’avoir claqué la porte à l’une de vos réunions car nous n’acceptions pas que vous y refusiez la présence de représentants des jeunes.

    Quand vous comprendrez que ces gamins sont avant tout en danger et donc à protéger et à être écoutés.

    Quand vous admettrez que ce que nous faisons pour eux, et avec eux, ne crée pas d’appel d’air mais n’est qu’une attitude tout simplement humaine.

    Alors, peut-être, pourrons-nous échanger.

     

    Pour RESF45 et le Collectif Jeunes Isolés Etrangers du Loiret,

     

                Ségolène Petit et Chantal Thabourin